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La Détente au Paddock

  • Post category:En Compétition
  • Temps de lecture :12 min de lecture

C’est jour de concours, cela fait plusieurs semaines que vous vous entrainez à la maison, votre cheval est en pleine forme et vous aussi. Pour l’instant, tout va bien, vous êtes calme et relâché. Cependant, au fur et à mesure que votre épreuve approche, vous commencez petit à petit à stresser et à perdre votre concentration. Vous êtes maintenant au paddock en train de détendre votre cheval. Mais vous ne savez pas trop quoi faire, vous tournez en rond, votre cheval est complètement endormi, il ne reste que 5 minutes et vous n’avez pas encore commencé à sauter…

La détente du cheval en concours est très importante pour la performance. Savoir gérer parfaitement sa détente peut-être assez simple, mais demande une certaine rigueur à suivre méthodiquement. Combien de temps faut-il détendre au paddock? Comment détendre son cheval sur le plat en concours? Faut-il beaucoup sauter? Je réponds à toutes ces question dans cet article, ainsi vous aurez en mains toutes les clés pour avoir une détente optimale et tout gagner en concours!

abonnement entre cavaliers

Bien planifier sa détente

1. Etre à l’heure

Pour avoir une bonne détente en concours, le plus important est d’être à l’heure pour celle-ci et d’avoir le temps de l’effectuer correctement. C’est à dire qu’il faut avoir bien planifié toutes les étapes en amont de la détente : préparer son cheval, se préparer soi-même, avoir reconnu le parcours, être allé aux toilettes …

Attention, certes être en retard pour la détente n’est pas agréable pour le cheval comme pour le cavalier, car la détente risque d’être précipité et bâclée. Mais il ne faut pas non plus être trop en avance, car le cheval peut s’ennuyer, ou perdre son envie, ou s’exciter et perdre son calme. Pour le cavalier aussi, être trop en avance peut le rendre nerveux, angoissé ou au contraire lui faire perdre sa concentration.

En général, je compte entre 30 et 40 minutes pour réaliser une bonne détente en concours. Je prévois environ 10 minutes pour sauter et le reste pour le travail sur le plat et les pauses. Bien sûr, cela peut varier en fonction du cheval que vous montez et de l’épreuve que vous faites. Cela correspond à entre 15 et 20 concurrents avant votre passage. Je vous conseille de toujours prévoir 15 minutes à l’avance, car parfois en concours, l’épreuve se passe plus rapidement que prévue et vous pouvez facilement vous retrouver en retard. Au pire, si votre cheval a un petit extra de 15 minutes au pas, cela ne lui fera pas de mal.

être à l'heure

2. La reconnaissance du parcours

Avez vous reconnu le parcours avant ou après la détente de votre cheval? Si vous passez en début d’épreuve, il faudra alors que vous ayez commencé de détendre avant d’avoir marché la piste. La reconnaissance du parcours est très importante pour la performance en concours, d’ailleurs si vous avez des difficultés à bien mémoriser votre parcours alors je vous conseille fortement d’aller voir notre article 5 secrets pour ne plus oublier son parcours, c’est cadeau!

Il faut prévoir en moyenne 10 à 20 minutes pour faire une bonne reconnaissance du parcours, cela varie en fonction de votre expérience et du niveau de l’épreuve à sauter. Donc considérez bien cela lorsque vous planifiez votre journée de concours.

3. Prévoir des pauses

Il est important de prévoir des pauses pendant votre détente, cela va vous aider ainsi que votre cheval à la gérer de manière optimale. Il n’est pas nécessaire de faire de longues pauses mais seulement quelques minutes de pas de temps en temps va vous permettre de faire récupérer votre cheval, le calmer ou le relaxer.

Donc n’hésitez pas à faire quelques minutes de pas après votre échauffement sur le plat et puis de temps en temps entre deux sauts laissez votre cheval souffler quelques instants au pas avant de continuer. Vous pouvez également faire une dernière pause juste avant d’entrer en piste et même descendre de cheval, cela vous permettra de contrôler rapidement votre matériel, de nettoyer les tâches de bave sur les oreilles de votre cheval et de vérifier que vous avez bien en tête votre plan de parcours.

faire une pause

Echauffement sur le plat

1. Léger échauffement musculaire

Avant de commencer la détente à l’obstacle, il faut avoir correctement détendu son cheval sur le plat. Je vous conseille de faire comme à la maison lorsque vous avez un cours d’obstacle. Le début de la détente sur le plat sert uniquement à échauffer musculairement votre cheval. Commencez toujours à bien le bouger au pas, puis au trot et enfin au galop. Il faut chercher à échauffer le cheval, donc ne pas trop le contraindre et lui mettre trop de pression, il doit être en avant, droit et relâché.

Vous pouvez passer entre 15 à 20 minutes à bien échauffer votre cheval sur le plat. Vous êtes en concours, donc vous n’êtes pas là pour dresser votre cheval. Le but est qu’il soit dans les meilleures conditions pour aller sauter le parcours d’obstacles. Vous connaissez votre cheval, donc vous savez si vous devez lui dire de se réveiller et le mettre en avant ou bien s’il est très nerveux et le garder le plus calme possible.

2. Mise en condition du parcours

Une fois votre cheval bien échauffé et prêt à travailler plus sérieusement, vous pouvez passer environ 10 minutes à demander un peu plus à votre cheval. Je parle ici de la mise en condition du cheval. C’est à dire que vous allez vérifier tous les réglages sur le plat de votre cheval afin qu’il soit dans des conditions optimales pour sauter le parcours.

Le contrôle du cheval est extrêmement important pour sauter, donc sur votre travail sur le plat vous devez vérifier que votre cheval est au contrôle : en avant, en arrière, on tourne, et cela à la moindre sollicitation des aides. Le cheval doit être réactif et à l’écoute. Vous pouvez très bien imaginer que vous sautez un parcours d’obstacles lorsque vous travaillez sur le plat. Faites comme si vous devez avancer fort en avant, puis revenir très vite, puis de nouveau en avant, puis ralentir et tourner très serré à gauche, puis encore en avant sur la courbe, etc.

détente sur le plat

Détendre à l’obstacle

1. Sauter suffisamment mais pas trop

Maintenant, votre cheval est bien échauffé et en parfaite condition pour aller sauter. En général, je commence à sauter lorsqu’il reste encore 8 concurrents à passer avant moi. Encore une fois, cela peut varier en fonction du cheval et du cavalier, parfois il en faut 10 et parfois 5 suffisent. Lorsque vous connaissez votre cheval, vous savez de combien de sauts à la détente vous avez besoin.

Les premiers sauts servent à échauffer le cheval à l’obstacle. Donc commencez toujours pas une petite croix ou un vertical que vous pouvez passer deux ou trois fois. Ensuite, montez progressivement la hauteur. Faites de même sur un oxer. Commencez par un ou deux sauts sur un petit oxer pas très large puis augmentez progressivement la hauteur et la largeur.

Il n’est pas nécessaire de sauter beaucoup ni très haut au paddock. Vous pouvez sauter uniquement la hauteur du parcours, voir moins haut. Notamment si votre cheval saute avec aisance à la détente alors je vous conseille de limiter les sauts pour conserver ses qualités en piste. Au contraire, si votre cheval manque un peu de hauteur ou d’énergie alors demandez lui un peu plus d’efforts avant d’aller en piste.

2. Exemple de détente classique

Personnellement, je trouve bien de commencer à sauter par un croisillon, cela oblige le cheval comme le cavalier à sauter au milieu de l’obstacle. Vous pouvez le passer deux ou trois fois en changeant de main à chaque passage si possible. Puis, venez sauter un vertical légèrement plus haut que le croisillon, une fois à chaque main. Puis, augmentez la hauteur du vertical (entre 10 à 20 cm), et faites un ou deux passages. Enfin, augmentez encore la hauteur du vertical et faites seulement un passage.

A chaque fois que l’obstacle doit être monté, profitez en pour repasser au pas et faire récupérer votre cheval. De même, avant de passer à l’oxer, vous pouvez aussi faire une courte pause au pas.

Vous pouvez donc maintenant venir sauter un petit oxer pas très large, une fois à chaque main. Puis, augmentez la hauteur et la largeur de l’oxer et faites un ou deux passages. Puis augmentez de nouveau la hauteur et la largeur et faites un passage. Pour le dernier oxer à sauter, je mets généralement un oxer carré (c’est à dire la barre de devant est à la même hauteur que la barre de dernière), vu que sur le parcours, la plupart des oxers le sont.

Pour terminer la détente au paddock, je saute quasiment toujours un bon vertical de la hauteur du parcours pour mettre en condition le cheval. Si le cheval fait directement un bon saut alors vous êtes prêts, sinon vous pouvez resauter le vertical une dernière fois. Faites une dernière pause avant d’entrer en piste, vérifiez que vous avez bien en tête votre plan de parcours, respirez un bon coup. Puis, faites vous plaisir!

détente à l'obstacle

Nous avons donc vu ensemble que la détente au paddock est quelque chose de structuré et méthodique, il ne faut jamais la négliger. Une bonne ou une mauvaise détente en concours va directement impacter sur votre performance dans la piste. Il ne sert à rien de vouloir tout contrôler et de s’infliger un stress et une pression énorme. Cependant, il faut juste prévoir et planifier correctement et méthodiquement sa détente afin d’augmenter au maximum ses chances de résultat. Si vous suivez mes conseils, que vous restez calme et concentré, alors je suis certain que vous atteindrez vos objectifs.