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Le piaffer est un mouvement emblématique du dressage équestre, où le cheval effectue un trot élevé et cadencé sur place. Cette discipline illustre non seulement la compétence technique, mais aussi une connexion profonde entre le cavalier et le cheval.

Aujourd’hui, le piaffer est l’une des figures les plus respectées et les plus difficiles dans le dressage classique, souvent utilisé dans les compétitions internationales de haut niveau. La maîtrise de ce mouvement est vue non seulement comme un signe d’excellence technique, mais aussi comme une manifestation de l’art équestre à son plus haut niveau.

Cet article vise à offrir aux cavaliers une compréhension approfondie du piaffer, en présentant les critères de réussites, les étapes nécessaires pour son apprentissage et les erreurs communes à éviter.

Qu’est-ce que le piaffer?

En équitation, le piaffer est un mouvement avancé où un cheval effectue une sorte de trot sur place très cadencé et élégant. Les pas sont très limités en avant, donnant l’impression que le cheval danse sur place.

Ce mouvement est particulièrement valorisé dans le dressage classique et est souvent présent dans les compétitions de haut niveau. Le piaffer requiert une grande discipline, une formation approfondie et une excellente communication entre le cheval et le cavalier, démontrant un haut degré de maîtrise et de complicité.

1. Définition du piaffer

Le piaffer est un trot enlevé et cadencé exécuté sur place ou avec très peu d’avancement. Le cheval doit lever alternativement ses pieds de manière rythmique, avec un temps de suspension marqué. Les antérieurs doivent s’élever avec les genoux et les jarrets bien fléchis, et les postérieurs doivent s’engager activement sous le corps, permettant ainsi au dos du cheval de rester souple et élastique. L’encolure doit être relevée et arrondie, avec la tête proche de la verticale, montrant un cheval bien rassemblé et en équilibre.

La précision des aides du cavalier est capitale dans l’exécution du piaffer. Le cavalier doit maintenir une position centrée et équilibrée, avec un bassin stable qui permet de s’asseoir profondément dans la selle. Les mains doivent être fermes mais souples pour maintenir un contact léger et constant avec la bouche du cheval, évitant toute tension excessive. Le rôle des jambes est également crucial: elles doivent encourager le cheval à maintenir la cadence et l’énergie sans se déplacer vers l’avant. L’usage des demi-arrêts aide à réguler la puissance et l’impulsion, assurant que le cheval reste dans les limites du mouvement sur place.

Le cheval doit démontrer une grande obéissance et une sensibilité aux aides du cavalier pour exécuter un piaffer correct. Il doit avoir la capacité de se « rassembler », concentrant son énergie pour se porter sur ses postérieurs. Cette action requiert non seulement une force considérable dans l’arrière main mais aussi une grande discipline pour maintenir la cadence et la position tout en restant relaxé et réactif. L’engagement des postérieurs est essentiel, car il permet de libérer les antérieurs pour qu’ils puissent s’élever librement et avec élégance.

Le piaffer ne doit pas être forcé ou créé par des moyens artificiels. Il résulte d’un développement progressif de la force, de la confiance et de la compréhension entre le cheval et le cavalier. Cette collaboration entre les deux permet de réaliser un mouvement qui non seulement semble sans effort mais qui est également agréable pour le cheval et spectaculaire à observer.

2. Le piaffer en épreuves de dressage

Le piaffer est un mouvement avancé en équitation et est généralement enseigné et maîtrisé à des niveaux supérieurs de dressage.

En compétition, ce mouvement apparaît pour la première fois dans le test de dressage au niveau Pro 1 en France et Intermédiaire II en concours internationaux. À ce niveau, le cheval est autorisé à avancer un peu, plutôt que d’être sur place. L’avancée maximale autorisée est d’un mètre pour chaque dix pas de piaffer.

Selon les règles de dressage de la FEI, le piaffer est défini comme suit:

« Un mouvement diagonal très rassemblé, cadencé et élevé donnant l’impression de rester sur place. Le dos du cheval est souple et élastique. Les postérieurs sont abaissés, les hanches sont bien engagées, ce qui donne beaucoup de liberté, de légèreté et de mobilité aux épaules et à l’avant-main. Chaque bipède diagonale est levé et ramené au sol alternativement, avec ressort et une cadence régulière ».

3. A quel moment enseigner le piaffer à un cheval?

Le piaffer est exigeant physiquement. Il est donc impératif que le cheval ait entièrement terminé sa croissance (vers 7/8 ans), mais aussi qu’il bénéficie d’une condition physique optimale. Cette maturité permet de s’assurer que ses os, ses articulations et ses muscles sont suffisamment développés pour supporter le stress inhérent à ce type de mouvement concentré et puissant.

De plus, le piaffer est le mouvement de dressage le plus avancé que vous puissiez enseigner à votre cheval. En plus d’être en parfaite santé et fort physiquement, il doit être bien avancé dans son dressage. Il devrait répondre de manière fiable aux aides de base et avoir une bonne compréhension des commandes plus complexes. Il doit être capable de se rassembler, c’est-à-dire de porter plus de poids sur ses hanches, ce qui est essentiel pour réussir le piaffer. Cette capacité à se rassembler montre que le cheval peut manipuler son corps de manière à maintenir l’équilibre et la cadence requise pour l’exercice.

Le cheval doit continuer à avancer de lui-même, sans que vous ayez à utiliser continuellement vos jambes. C’est important parce que les aides de main que vous utiliserez dans le piaffer ne doivent pas empêcher les postérieurs du cheval d’être actifs. Certains chevaux trouvent cela beaucoup plus facile que d’autres.

Enfin, ne vous attendez pas à ce que le cheval fasse un piaffer parfait dès les premières séances. Certains chevaux comprennent et réalisent très facilement l’exercice, alors que d’autres ne sont pas naturellement doués pour cette capacité et mettent beaucoup plus de temps à l’apprendre. De plus, au début de son entraînement, le cheval ne sera pas assez fort pour piaffer sur place, vous devez donc l’autoriser à légèrement avancer jusqu’à ce qu’il soit capable de conserver plus de poids sur l’arrière.

piaffer cheval

Comment apprendre le piaffer à un cheval?

D’une manière générale, il existe trois approches principales pour enseigner le piaffer à un cheval. Dans certains cas, ces approches peuvent être combinées. Il est également possible de voir quelques autres méthodes moins courantes de temps en temps.

Cependant, les trois principales méthodes d’enseignement du piaffer reviendront sans cesse, quels que soient le lieu et le mode d’entraînement:

  • Rassembler progressivement le trot, qui devient progressivement des demi-pas puis des pas entiers au piaffer. Cela se fait souvent en rassemblant autant que le cheval est capable de le faire pendant quelques pas, puis en s’élançant à nouveau vers l’avant pour vérifier la réaction en avant.
  • Rassembler le pas et le mobiliser avec la jambe et la cravache, en encourageant le cheval à avancer de quelques demi-pas.
  • Enseigner le piaffer au sol à l’aide d’une cravache en main. Il existe différentes méthodes pour y parvenir, mais l’objectif est généralement d’amener le cheval à piaffer en main avec l’aide de la voix ou de la cravache. Cela peut ensuite être transféré sous la selle, avec ou sans aide au sol en plus du cavalier.

Certains chevaux sont très nerveux, d’autres très paresseux. Tout cela, vous devez le savoir avant de commencer à lui apprendre le piaffer. Il faut d’abord savoir quel est son caractère, comment il réagit à la jambe, à la cravache et comment il faut l’approcher au sol.

Chaque cheval bénéficiera d’une approche différente, et c’est à vous en tant que cavalier (avec votre entraîneur) de choisir la méthode la mieux adaptée à votre cheval.

1. Introduction au sol

Commencer l’apprentissage au sol peut aider le cheval à comprendre les attentes sans le poids du cavalier, facilitant ainsi une première approche moins stressante.

L’objectif est de maintenir un rythme régulier et élevé des membres tout en restant sur place. Tout en restant au contact à côté du cheval pour prévenir le mouvement en avant, encouragez-le à lever les pieds de manière rythmée et équilibrée, en utilisant des signaux vocaux et des touches légères avec une cravache (ou un stick de dressage) pour simuler les aides des jambes.

2. Le piaffer depuis le trot rassemblé

L’autre méthode principale pour enseigner le piaffer consiste à rassembler le trot sur un cheval bien établi. Vous devez pouvoir facilement passer du trot allongé au trot rassemblé, être capable de diriger le cheval latéralement et de le maintenir correctement engagé entre et pendant les transitions.

Ensuite, vous pouvez rassembler le trot le plus court possible jusqu’à ce que vous ayez quelques demi-pas. Le piaffer est une sorte de trot sur place. Tout cela dépend du contrôle que vous avez sur les transitions.

Pour raccourcir les pas:

  • Utiliser les demi-arrêts tout en poussant le cheval avec les jambes pour garder l’énergie.
  • Fermer les doigts pour prendre une légère résistance sur les rênes mais sans tirer en arrière.
  • En demandant au cheval de « partir » avec les jambes et en le tenant avec la main, vous lui demandez de raccourcir ses pas.

Augmentez progressivement le nombre de pas que vous demandez. Si le cheval devient tendu ou contrarié, ne le poussez pas. Revenez plutôt au trot rassemblé et redemandez des transitions dans le trot ou des déplacements latéraux, en demandant beaucoup d’impulsion et en renforçant la portance du cheval.

Lors des transitions à l’entrée et à la sortie du piaffer, concentrez-vous sur le maintien du rythme et de la fluidité.

Apprendre le piaffer à un cheval est un projet à long terme qui doit être progressif. Il faut compter entre plusieurs mois et plusieurs années pour que le mouvement devienne suffisamment bon pour la compétition. Même si vous ne souhaitez pas sortir en compétitions, cela peut prendre autant de temps pour que le cheval devienne suffisamment fort physiquement pour travailler le piaffer à la maison pour le plaisir.

3. Enseigner le piaffer au pas

Si le cheval a un très bon pas rassemblé, il peut trouver plus facile d’apprendre le piaffer à partir du pas.

Pour commencer, vous pouvez demander le piaffer de la même manière que lors du travail au sol. Allez-y pas à pas, très attentivement, et voyez si votre cheval devient trop nerveux ou s’il se ferme. S’il ne veut pas marcher gentiment après avoir essayé de piaffer et que vous perdez le contrôle du rythme et de la cadence, c’est peut-être que vous ou lui n’êtes pas prêts.

Le plus important est qu’après quelques pas ou demi-pas de piaffer, vous puissiez facilement revenir au pas.

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4. Erreurs fréquentes

Les fautes les plus courantes dans le piaffer sont les suivantes :

  • Perte de rythme
  • Le cheval se déplace vers l’avant
  • Le cheval arrête le mouvement
  • Le cheval se balance d’un côté à l’autre
  • Croisement des membres arrière ou avant
  • La triangulation

La triangulation est un défaut majeur du piaffer. La triangulation se produit lorsque les membres antérieurs et postérieurs du cheval sont entassés sous le corps du cheval, formant un triangle inversé.

Le cheval perd généralement le rythme lors du piaffer parce que vous lui avez demandé trop d’effort trop tôt, soit en exigeant trop de pas, soit en essayant d’introduire l’exercice trop tôt par rapport à son niveau d’entraînement. Essayez de faire en sorte que les transitions dans et hors du piaffer soient aussi douces et progressives que possible. Si le rythme est perdu, revenez au trot rassemblé et recommencez.

Si vous utilisez trop de mains, le cheval peut s’arrêter de bouger ou même reculer. Vos mains ne doivent pas maintenir le cheval en place, elles ne font qu’effectuer de petits mouvements. Relâchez votre main et revenez au travail de base du cheval.

Si le cheval commence à se balancer pendant le piaffer, c’est généralement parce que ses postérieurs traînent derrière lui au lieu d’être sous son corps. De même, si le cheval croise les membres, cela peut être simplement dû à sa conformation ou au fait qu’il n’a pas l’engagement et la portance essentiels à un bon piaffer.

Pour corriger ce défaut, il faut travailler sur le développement de la force du cheval, en utilisant le travail latéral pour encourager le cheval à se placer davantage sous son corps.

Conclusion

Le piaffer est l’une des expressions les plus élégantes et sophistiquées du dressage équestre, représentant un sommet de communication et de synchronisation entre le cavalier et le cheval. Maîtriser ce mouvement demande une combinaison de patience, de persévérance et d’une compréhension approfondie des principes du dressage.

L’apprentissage du piaffer ne se fait pas du jour au lendemain. Chaque cheval est unique et progresse à son propre rythme. Il est crucial que le cavalier reste patient et persévérant, en ajustant les méthodes d’entraînement aux besoins spécifiques de son cheval. Les petits progrès doivent être célébrés comme des étapes importantes vers la maîtrise complète du piaffer.